La garantie perte d'emploi promet de prendre le relais de vos mensualités en cas de coup dur. Mais attention, contrairement aux garanties décès ou invalidité, elle est optionnelle et soumise à des conditions strictes. Alors, réelle protection ou fausse bonne idée ? On fait le point.
Qu'est-ce que la garantie perte d'emploi ?
Concrètement, cette assurance intervient si vous perdez votre travail, afin d'éviter que votre crédit immobilier ne devienne un poids insupportable. Elle ne rembourse jamais le capital restant dû, mais prend en charge tout ou partie de votre échéance… dans une certaine limite.
L'indemnisation est souvent plafonnée (par exemple à 50 % de la mensualité) et limitée dans le temps, généralement entre 18 et 36 mois sur toute la durée du prêt. Vous ne restez donc pas couvert indéfiniment.
Le dispositif est exclusivement réservé aux salariés en CDI disposant d'une ancienneté, souvent entre 6 et 12 mois chez le même employeur. Les indépendants, CDD, intérimaires ou salariés en période d'essai en sont donc exclus.
Carence et franchise : les deux clauses à surveiller
Le déclenchement de la couverture n'est pas instantané. Les assureurs imposent des périodes de latence pour s'assurer du caractère imprévisible de la perte d'emploi :
- Le délai de carence (6 à 12 mois) : c'est la période suivant la souscription durant laquelle vous n'êtes pas encore couvert. Si la procédure de licenciement débute durant ce laps de temps, la garantie ne s'activera pas.
- Le délai de franchise (souvent 90 jours) : une fois au chômage, l'indemnisation ne commence pas immédiatement. Les premières mensualités restent à votre charge.
Ces deux délais cumulés peuvent représenter plus d'un an sans aucune prise en charge. Il est donc essentiel de bien lire les conditions générales avant de souscrire.
Quels types de licenciement sont couverts ?
La règle d'or est le caractère involontaire de la perte d'emploi. L'assuré doit impérativement percevoir les allocations chômage pour déclencher la garantie. Mais attention, certaines causes de licenciement ne sont pas systématiquement prises en charge :
- Le cas de la faute : contrairement à une idée reçue, le licenciement pour faute simple ou grave est généralement couvert. En revanche, la faute lourde est systématiquement exclue.
- La rupture conventionnelle : si elle est de plus en plus acceptée dans les contrats externes, elle reste souvent exclue des contrats groupe proposés par les banques.
Enfin, la démission, la fin de période d'essai ou le chômage partiel ne donnent jamais droit à indemnisation.
Souscrire une garantie perte d'emploi : une bonne idée ?
Le coût de la garantie perte d'emploi peut doubler votre cotisation totale, pour une couverture souvent restrictive. Alors, est-ce vraiment utile de s'assurer ? La réponse dépend de votre profil.
La garantie peut être pertinente si :
- Vous avez des charges élevées et peu d'épargne de précaution
- Vous évoluez dans un secteur économiquement instable (industrie, commerce de détail, etc.)
- Vous souhaitez un filet de sécurité, même partiel
Elle est moins utile si :
- Vous êtes fonctionnaire ou disposez d'une grande stabilité professionnelle
- Vous pouvez absorber 6 à 12 mois de mensualités grâce à votre épargne
- Vous préférez « s'auto-assurer » via une épargne dédiée
Ce qu'il faut vérifier avant de souscrire
Avant de trancher, prenez le temps de lire attentivement les clauses du contrat. Et n'oubliez pas que c'est le prêteur qui fixe les garanties minimales exigées. Si vous changez de contrat via la loi Lemoine, votre nouvelle assurance emprunteur devra impérativement les maintenir pour être acceptée par la banque.
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